10°) La deuxième guerre mondiale, la résistance, le massacre, la libération.

Deuxième guerre mondiale

De l'armistice du 25 juin 1940 à la libération, la France est partagée en zones: Dans notre région, il y a la zone interdite ou "zone rouge" et la zone occupée. C'est la Marne -et chez nous le canal- qui matérialise cette dernière division. Un poste de garde allemand se trouvait dans la maison Davenas. Pour traverser, il faut présenter un ausweiss (laissez-passer) délivré par la kommandantur et renouvelable mensuellement.

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La vie était dure à l'époque, l'ambiance pesante. Le couvre-feu était en vigueur et les allemands circulaient régulièrement dans le village. Une nuit, ma mère s'était endormie avec la lumière allumée. La patrouille qui passait dans la rue principale a tiré une rafale de mitraillette sur la façade et les volets de la maison!

La résistance

Très rapidement, la résistance s'organisa et dès 1942, plusieurs maquis virent le jour et s'organisèrent dans la région. Des filières d'évasion furent mises en place, de nombreuses actions de sabotages (plus d'une centaine dont un sabotage de voie sur le territoire d'Heuilley-Cotton le 18 août 1944 au kilomètre 316,350) furent entreprises. Le lecteur intéressé pourra se référer aux 3 tomes de "la résistance en Haute-Marne" publiés sous le patronage de l'association nationale des anciens combattants de la résistance (section de Langres) aux éditions Guéniot.

Le massacre

Le 28 juin 1944, un massacre a été commis sur le territoire de la commune.

Ce jour-là, huit français faisant partie d'un convoi de déportés pour Buchenwald ont été sauvagement abattus sur le bord de la voie ferrée Dijon - Chalindrey, suite à une tentative d'évasion. Ils ont été enterrés le lendemain par les habitants du village après avoir été photographiés et décrits scrupuleusement.

Entre les jambes de chacun fut placée une bouteille, laquelle contenait une feuille de papier portant les renseignements qui pourraient éventuellement permettre une ultérieure identification.

Après l'armistice, six défunts ont été formellement identifiés, l'identification du septième est présumée mais non confirmée quant au huitième, il restera à tout jamais dans l'anonymat d'une tombe lingonne, un disparu pour les siens et pour les gens de son pays. Il s'agit d'un homme d'un âge approximatif de trente ans, très petit: 1,54 mètre. Il a les cheveux noirs, crépus, une barbe rousse, le teint basané, le nez fortement convexe et long. Il porte une chemise bleue, un chandail kaki, un pantalon de drap kaki, retenu par une ceinture de cuir de un centimètre et demi de large, des chaussettes grises, des souliers de cuir montants.

Le 28 juin 1969, à l'initiative de diverses associations d'anciens combattants et victimes de guerre de la région, a été inauguré un nouveau monument dédié à la mémoire de ces martyrs.

Source: Le massacre d'Heuilley-Cotton 28 juin 1944, témoignages recueillis par Jean Robinet.

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La libération

Le 13 septembre 1944 soit plus de trois mois après le débarquement en Normandie, Heuilley-Cotton est libéré.

Quel bonheur et quel soulagement après ces longues années d'occupation!

Deux photos prises respectivement devant l'ancienne poste et devant l'ancienne épicerie, immortalisent cet instant historique.

Heuilley-Cotton (111)

Heuilley-Cotton (112)

La rue de la cure a été débaptisée et s'appelle la rue du 13 septembre, la rue de la ruelle se nomme désormais rue de la libération et la place du village, place de la libération (délibération du 09/12/1944)

Sceance du 09_12_1944 changement noms de rues

En séance du 08 mai 1945, le conseil a déclaré que le 08/05/1945 s'inscrit au nombre des plus grandes dates historiques.

08_05_1945 jour historique