3°) Contes et légendes:

Le Foulletot

Jusqu'au milieu du XIX ème siècle les habitants de la montagne langroise et ceux d'alentour crurent que le diable habitait le Cognelot. Dans leur patois ils appelaient "Foulleteu" ou "Foulletot" ce démon dont ils redoutaient l'influence funeste.

D'après eux, le diable du Cognelot était toujours vêtu d'habits rouges et entouré d'une cour de sorciers et de sorcières. Pendant les nuits glacées des mois d'hiver, quand souffle l'âpre bise qui balaie les grandes friches, les créatures du "Foulletot" partaient le rejoindre au-dessus du plateau pour y faire le Sabbat, c'est à dire des orgies épouvantables, des danses affreuses, des processions fantastiques. Il y avait aussi des rondes invraisemblables où tout le monde se plaçait dos à dos pour qu'une fois rentré en sa demeure on ne puisse reconnaître ses compagnons.

On racontait toutes ses choses aux anciennes veillées et le plus souvent à mi-voix pour que le Maudit ne puisse les percevoir, car il avait "une oreille à chaque écraigne". Les grand'mères précisaient les endroits où se faisaient les étranges festins et les itinéraires que suivaient les cohortes démoniaques. Plusieurs vieilles personnes avaient aperçu les assemblées et s'en étaient hâtivement détournées pour échapper aux maléfices du "Foulletot" et de ses satellites.

On montre encore au Cognelot le "rond des sorciers". Il y avait aussi Sabbat au hameau du Foultot dans la vallée du Saulon, à Cohons vers le moulin Fouilletot, à Heuilley-Coton sur le mont "Grigau", à la roche-à-brebis près de Nogent, au Ninveau. Tous ces endroits, avec beaucoup d'autres, étaient des succursales de "l'ennemi du genre humain".

L'instruction a fait disparaître ces croyances dont on ne fait que rire aujourd'hui.

Cette légende est extraite de "Contes et Légendes du Bassigny" par H Dépoyant, instituteur-adjoint à Chalindrey. Edition de 1913.

Gargantua au pied du Cognelot

Entre Heuilley-Cotton et Le Pailly, deux reliefs évoquent les faits et gestes de Gargantua. Ce sont deux mamelons isolés, au profil mou et arrondi "Le Mont Rond et Grigot", dominant le bas pays, face à la bordure du plateau qui n'en est distante que d'un kilomètre. Peu élevés -417 et 407 mètres-, ils contrastent pourtant avec la plaine dont l'altitude ne dépassent pas 330 mètres. La légende dit qu'ils ont été formés par la boue détachée des sabots du géant, lequel a laissé en outre, comme résidu de sa digestion, entre les deux buttes, un relief en fer à cheval nommé les "fourches", qui constitue la plus proche des avancées du plateau. Ainsi la cosmogonie gargantuesque rendrait compte du double aspect du relief. Les buttes argileuses d'une part et le promontoire fourchu calcaire d'autre part.

Cette légende est extraite de "Mythologie du pays de Langres" par M Richard. Edition A et J Picard 1970.